Qu’est-ce que l’embolisation des artères prostatiques ?
L’embolisation des artères prostatiques (EAP) est une procédure mini-invasive réalisée sous guidage radiologique qui consiste à réduire la vascularisation de la prostate en obstruant sélectivement les artères qui l’alimentent. Cela permet une diminution progressive du volume prostatique, avec amélioration des symptômes urinaires liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP).
Pourquoi réaliser cette intervention ?
Symptômes urinaires modérés à sévères liés à une HBP : jet urinaire faible, mictions fréquentes ou urgentes, nycturie, sensation de vidange incomplète.
Refus ou contre-indication à la chirurgie (résection transurétrale de prostate ou autre).
Échec ou intolérance au traitement médical (alpha bloquants, inhibiteurs de la 5-alpha-réductase).
Préférence pour une option non chirurgicale, sans incision ni sonde urinaire prolongée.
Déroulement de l'intervention
Avant l’examen : bilan sanguin, consultation spécialisée, scanner pelvien pour étude du réseau artériel prostatique.
Anesthésie : locale avec sédation légère.
Geste : une ponction artérielle est réalisée (souvent au poignet ou à l’aine), un micro cathéter est navigué jusqu’aux artères prostatiques via l’artère iliaque interne. Des particules d’embolisation sont injectées pour bloquer sélectivement les vaisseaux.
Durée : 1h30 à 2h.
Après l’intervention : surveillance quelques heures en ambulatoire ou hospitalisation courte.
Bénéfices escomptés
Amélioration significative des symptômes urinaires (80% des cas).
Réduction du volume prostatique.
Amélioration de la qualité de vie.
Pas de troubles de l’érection ni d’éjaculation rétrograde dans la majorité des cas.
Alternative efficace à la chirurgie pour certains patients.
Complications potentielles
Douleurs pelviennes modérées transitoires.
Fièvre légère.
Troubles urinaires transitoires.
Risques rares : ischémie vésicale, rectale ou génitale en cas d’embolisation non ciblée.
Hématome au point de ponction.
Suivi après intervention
Retour à domicile le jour même ou lendemain.
Surveillance à 1 mois, 3 mois puis à 6–12 mois avec bilan clinique, PSA et imagerie si besoin.
L’amélioration des symptômes est généralement progressive sur 1 à 3 mois.
Possibilité de reprise des traitements si nécessaire.